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 :: cita di romà :: » Monti
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 Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep [Clara]

         

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J'ai débarqué à Rome le : 22/08/2018 , j’ai déjà envoyé : 322 textos, d’ailleurs, j’ai récolté : 416
MessageSujet: Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep [Clara]   Mer 31 Oct - 16:06

Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep
Clara et Morgan

Quartier de Monti, je connaissais bien cet endroit pour y passer le plus clair de mon temps. Je suivais Bambi, qui devait voir quelqu'un dans le coin et comme toujours, c'est moi qui l'accompagne, à croire qu'elle n'arrivait pas à se passer de moi. Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres à cette pensée. Toujours est-il que nous, nous étions à l'heure au rendez-vous, mais pas celui qu'elle devait rencontrer. Mauvais point pour lui, Bambi était toujours à l'heure, pas comme moi, même si j'avais fait des efforts au cours de ces derniers mois. Ce n'était pas de ma faute, mes nuits étaient agitées, et je ne passais que trop peu de temps dans mon lit. Qu'importe. J'étais assis en face d'elle quand une personne se présenta à nous et s'excusa pour son retard, je me levais de ma chaise pour lui laisser la place et sortis dehors pour fumer une cigarette. L'hiver arrivait tout doucement sur la ville, mais nous avions quand même des journées clémentes. Adossé au mur, je fumais tranquillement, regardant les passants sans vraiment les voir. Il y avait tellement de probabilité pour que dans cette foule, il y est des créatures que je préférais largement ne pas y penser. La fin d'après-midi approchait doucement, mais j'étais bien dehors, de toute manière, j'aurais le droit à un compte-rendu détaillé dès qu'on sera sur le chemin du retour. C'était toujours la même chose, à chaque fois, elle se mettait à parler comme si elle avait besoin d'un avis extérieur. Et même quand elle ne voulait pas de mon opinon, je la lui donnais quand même. En vérité, on formait un drôle de duo tous les deux, mais dans le fond, je l'aimais bien et je savais que c'était réciproque. Je jetais mon mégot et m'apprêtais à rentré de nouveau dans le café quand quelque chose attira mon regard. Enfin, je dirais plutôt quelqu'un. Je clignais des yeux, me demandant si je n'étais pas devenu fou pour le coup. Puisque cela ne pouvait pas... Je regardais de nouveau, mais la personne n'était plus là. Je soupire, secoue la tête, si en plus, je commence à me faire des idées... Je rentre de nouveau et m'assoie au comptoir, demandant un café. Je me tournais vers l'extérieur, regardant à l'endroit exact où j'ai eu l'impression de voir un fantôme. Et une heure passa de la sorte. J'étais perdu dans mes pensées, ne faisant plus attention à rien, fixant seulement un point dehors. Et soudainement, je la revis. Mon cœur manqua un battement et je décidais d'en avoir le cœur net. Je fis signe à Bambi qui se contenta de hocher la tête sans faire plus attention. Et je sortis du café. J'avais l'impression d'être devenu fou, je devais certainement confondre avec quelqu'un d'autres. Après tout, elle n'était pas la seule rousse que je connaissais. Et puis elle était morte. J'étais allé sur sa tombe. Pourtant, je ne sais pas, je suivais la jeune femme qui avait la même taille, la même allure, même si elle semblait sur le qui-vive. Par les temps qui court, ce n'est pas une mauvaise idée. Et plus j'avançais, plus j'avais l'impression que c'était Clara. Je la suivais de loin, n'ayant pas envie qu'elle ne me remarque. Et puis comme ça, si effectivement, je me trompais de personne, j'aurais l'air moins bête. Parce que clairement, pour moi, ce n'était pas possible. Vu qu'elle était orpheline, comme moi peut-être qu'elle avait une sœur ? J'en sais rien et je me rends compte que je raisonne n'importe comment. J'enfonce mes mains dans les poches de ma veste et attrape mon paquet de cigarettes, mais je me rends compte que je tremble légèrement. Merde. Pourquoi je suis dans cet état moi ? Je la perdis de vue quelques secondes et je regardais autour de moi. Elle avait changé de trottoir et changeait de rue. Je la suivis donc et on arriva en bas d'un immeuble miteux perdu au milieu de nul part. Elle s'engouffra dedans et je la suivis discrètement. Je ne voyais toujours pas son visage, mais au fond de moi, je sais que la ressemblance est troublante. Puis, je perdis sa trace, vu qu'elle avait pris l'ascenseur. Tant pis. Tôt ou tard, il faudra bien qu'elle ressorte, quitte à ce que je passe la nuit entière devant l'immeuble. Je venais de décider à ce moment précis que je ne bougerais pas, tant que je n'aurais pas la preuve qu'il ne s'agisse pas de Clara. Cela n'avait pas le moindre sens. Bien que je n'étais pas à l'enterrement, je me suis rendu sur sa tombe. Et on n'a pas une tombe si on est pas mort... J'en sais rien, je ne comprends pas, tout s'embrouille dans ma tête. Je ressors de l'immeuble et souffle un bon coup pour évacuer ce que je ressens. Je ne me contrôle plus. L'espace d'une seconde, je me trouve ridicule et songe à partir, mais je sais que tant que je ne serais pas fixé, cette idée va me hanter. Je perdis le fil du temps, ne répondant même pas aux appels de Bambi qui devait se demander où j'étais passé. Qu'importe, elle ne pourrait pas comprendre. Adossé au mur, j'attendais. Puis, la porte du hall s'ouvrit et à la lumière du réverbère, je voyais son visage. Et c'était elle. Pas de doute. Ma Clara, mon amie d'enfance. Je ne pouvais pas la confondre avec quelqu'un d'autre. " Ah bah ça pour une surprise... Tu es revenue d'entre les morts ?" Sans que je m'en rende compte, j'étais agressif. Partager entre deux sentiments contraires l'un à l'autre. Elle s'était fait passer pour morte. Et m'avait laissé dans l'ignorance la plus totale. Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep [Clara]   Dim 11 Nov - 15:42

Morgan & Clara Call you up in the middle of the night, So tired that I couldn't even sleep.Cela faisait quelques temps déjà que je travaillais pour l’association, et j’avais donc pris mes petites habitudes. Notamment je quittais mon lieu de travail assez tôt plus d’une fois par semaine, et je m’arrêtais donc des magasins sur le trajet entre le travail et chez moi. J’avais mes commerçants favoris, et, la plupart vendant des produits locaux et bio – après tout s’il y a des créatures qui devraient s’inquiéter de protéger l’environnement, c’était bien les créatures aux longévités exacerbées comme les fées, les vampires et les sorciers. Mon souci de protéger l’environnement pouvait paraitre bien dérisoire comparer au genre de problèmes que j’avais ou avais eu, mais agir pour cette cause, même à petite échelle, me donnait l’impression d’être utile, et c’était toujours appréciable. Bon, il fallait par contre reconnaitre que je pouvais par contre prendre beaucoup de temps à faire les magasins. Peut-être parce que j’avais toujours aimé la sensation d’être une cliente parmi d’autres, de me fondre dans la foule – d’être normale en somme. Puis étant empathique, j’appréciais toujours les interactions faciles mais dénuées de problèmes que procurait le temps passé à échanger avec les artisans chez lesquels je me rendais. De fait je dus passer une bonne heure au moins dans les magasins pour acheter au final que peu de choses. Mais bon, ce n’était pas comme si qui que ce soit m’attendait à la maison de toute façon. Le studio avait beau ne pas être très grand – en plus de ne plus être aux normes légales depuis des années – il me semblait encore plus vide depuis la mort de Pia. Nous n’avions jamais eu de problèmes à partager un espace aussi petit, au contraire, à être aussi proches sans cesse, nous nous sentions plus en sécurité, en plus d’y être habituées. Mais depuis des mois maintenant, cet endroit avait perdu de sa vitalité, et désormais, face à la tristesse que me procuraient les milles et un souvenirs que ce lieu me remémorait, j’envisageais même de déménager. Pourtant je n’avais pu m’y résoudre jusqu’à maintenant, c’était dans là-bas que je rentrais, guère rassurée par le fait de rester dehors, en plein jour qui plus était.

Il ne fallut pas longtemps avant d’arriver à l’immeuble délabré, qui n’avait pour seul avantage que d’être doté d’un ascenseur – utile quand on avait des courses sur soi. Il monta en grinçant jusqu’à mon étage – le dernier étage – et quelques minutes plus tard, je refermais la porte derrière moi. Par habitude, je fus sur le point de lancer un « Je suis rentrée » avant de me rappeler qu’il n’y avait personne pour m’entendre – enfin si, mes voisins s’ils ne plainaient pas trop dans les brumes induites par la drogue. Je lâche un soupir, mi-défaitiste mi-agacée contre moi-même et me mis à la tâche en rangeant mes courses et en commençant à préparer le diner. La soirée se passa tranquillement après cela, je n’avais pas grand-chose à faire que de manger, ranger, vérifier mes mails et régler quelques tâches administratives. Par mesure de précaution, je contrôlais les protections magiques installées sur l’appartement, puis finalement, après réflexion, je renonçais à essayer d’espionner magiquement l’ancien appartement de mon mentor mort – non seulement cela m’épuiserait et je devais travailler le lendemain, mais en plus cela n’avait guère donné de résultats ces derniers mois. De tout façon, j’avais réussi à y installer un dispositif magique qui devait m’alerter si on y entrait, alors autant de pas gâcher mon temps de la sorte. A la place, je redescendis dans le hall, venant de me rappeler que je n’avais pas vérifié ma boite aux lettres. Croyant entendre un bruit dehors, j’ouvris la porte prudemment, jetant un coup d’œil curieux, mais ne repérant que quelques chats dans des recoins, qui fixaient les alentours à l’image de guetteurs d’un gang qui vérifieraient que personne ne vient se mêler de leurs affaires. Une réflexion qui me fit un peu sourire. Toutefois mon sourire s’effaça rapidement quand une voix agressive mais familière m’interpella. Je me figeai avant de poser mon regard sur le visage de celui qui avait une place si particulière dans mon cœur.

Que pouvais-je lui répondre ?  La vérité ? C’était tentant, mais je savais que lui dire toute la vérité ne ferait que créer des problèmes supplémentaires. Je retins un soupir, ne pouvant m’empêcher de jeter un regard inquiet des deux côtés de la rue, ne voulant pas attirer l’attention. « Salut Morgan. Je comprends que tu n’es pas content mais … c’est compliqué. ». Un dernier regard troublé aux alentours me poussa à ajouter : « Il vaut peut-être mieux en parler chez moi. ». J’ouvris la porte un peu plus largement ce disant, avant de le regarder implorante : « S’il te plait ? Laisse-moi une chance. ». J’ignorais s’il accepterait, s’il y avait une chose que l’on pouvait dire au sujet de Morgan, c’était qu’il ne pardonnait pas facilement et qu’il était têtu. Mais peut-être que pour moi il ferait un effort. Certes pas mesure de sécurité j’avais évité de l’approcher le plus possible, après être tombée sous la coupe d’Erwan Foster, mais pour moi il était toujours aussi important à mes yeux. Pourvu qu’il pense de même. Pourvu qu’il ne m’en veuille pas trop. Maintenant que je n’avais plus Pia, je ne pouvais pas me permettre de le perdre aussi, même s’il pensait avoir de bonnes raisons pour. J’avais seulement voulu le protéger, ne pas lui apporter plus de problèmes qu’il s’en apportait déjà tout seul.
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MessageSujet: Re: Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep [Clara]   Lun 19 Nov - 19:07

Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep
Clara et Morgan

Partager entre deux sentiments, je ne savais même pas ce que je devais faire. Je la croyais morte, je m'étais fait à cette idée. Difficilement, mais cette idée, je l'avais accepté. J'avais toujours eu une pensée pour elle au cours de toutes ces années loin d'elle, j'avais espéré qu'elle est une bonne vie, meilleure que la mienne en tout cas. Je ne m'en sortais pas trop mal, je le savais bien, cela aurait pu être bien pire. La mafia, l'organisation qui lutte contre les créatures, tout ça... Ca fait partit de ce que je suis désormais, mais j'avais toujours cette absence, son absence qui planait dans ma vie. J'avais eu un espoir quand on s'est vu à Venise, puis plus rien de nouveau. Jusqu'à l'annonce de sa mort. Jusqu'à maintenant. " Pas content ? Est-ce que... Est-ce que tu as une idée de ce que cette annonce m'a fait ?" Stupéfait, je restais là, la regardant ne pouvant pas imaginé une seule seconde qu'elle soit là. C'est irréel en fin de compte. Lorsqu'elle ajouta qu'il vaudrait mieux en parler chez elle, je soupire légèrement. Je ne sais même pas si j'ai vraiment envie de ça, si j'ai envie de savoir pourquoi. Je suis furieux après elle, parce que je ne comprends absolument pas pourquoi elle m'a fait ça. Pourtant, j'accepte d'un mouvement de la tête. Même si je suis en colère, je suis quand même soulagé de voir qu'elle est finalement en vie, mais elle a intérêt à me donner de bonnes explications à ce sujet. Légèrement hésitant, je fais un pas vers elle, puis un second, pour finalement entrer dans le hall de l'immeuble. Je pose les yeux sur elle, elle n'a pas changé, mais je n'ose même pas aller vers elle. Tant de temps, tant d'années passé sans elle et ce n'est pas quelques heures voler à Venise qui changera ce fait. Et cette maudite épidémie, heureusement, je n'ai pas été touché. Elle non plus, visiblement, contrairement à ce que je pensais. Si elle savait à quel point, je m'en suis voulu de ne pas avoir été là pour elle. Debout devant cette tombe vide, je m'en suis voulu. J'avais tellement de choses à lui dire, à lui raconter que je ne savais même plus par où commencer, mais ça attendra parce qu'une seule question brûlait mes lèvres : pourquoi ? Me faisant signe de la suivre, je le fis en silence, complètement perdu dans mes pensées. J'avais bien conscience de ne pas avoir été tendre avec elle dans cette cour, mais la surprise, plus cette colère enfouie en moi depuis l'annonce de sa mort était ressorties. J'inspire légèrement, la suivant comme une ombre. Je me posais des tats de questions, et si jamais... Et si jamais, ce qui nous liait depuis l'enfance n'était plus ? Elle avait été durant mon passage à l'orphelinat, celle qui me connaissait le mieux, celle qui pouvait éviter mes débordements. Une fois parti, il n'a pas fallu longtemps pour que je dérive complètement au point de me retrouver en maison de correction. Peut-être que c'est comme ça que ça devait se passer. Que mon destin était de perdre la trace de ma meilleure amie, de finir en maison de correction pour aller tout droit vers la mafia ensuite. Qui sait ? La vie est étrangement faite par moment. Et pourtant, ça aurait pu être différent si on était resté ensemble. Enfin, c'est comme ça et je ne suis pas malheureux pour autant. Une fois chez elle, je regarde autour de moi et ce que je voyais, c'était un appartement délabré. Je fronce légèrement les sourcils en posant de nouveau les yeux sur elle. " Qu'est-ce que tu fous dans un endroit pareil Clara ?" J'avais presque envie de lui dire de ramasser ses affaires et de venir chez moi, mais avant il fallait qu'on règle certaines petites choses elle et moi. " De quoi tu as peur au juste ?" Parce que quand on se cache dans ce genre de coin, c'est qu'on fuit quelque chose. Et j'aimerais être en mesure de l'aider. Je secoue la tête, posant le regard autour de moi. J'avais l'impression qu'en poussant un peu les murs, ils allaient s'effondrer. " Mais avant, juste... Pourquoi es-ce que tu ne m'as rien dit sur ta prétendue mort ? J'aurais pu t'aider, tu sais. Si seulement tu avais pris la peine de venir me voir." Je fis un pas vers elle, j'aimerais vraiment comprendre. Je veux avoir les réponses aux questions que je me pose depuis tant de temps maintenant. " J'ai tellement de questions à te poser..." Et cette fois, j'avais vraiment dans l'idée de nous accorder bien plus que quelques heures. Je ne voulais pas qu'elle pare une nouvelle fois sans m'avoir tout dit. Parce que si elle venait à disparaître de nouveau, je crois que je serais capable de retourner toute cette ville pour la retrouver. Parce qu'elle était importante pour moi, elle l'avait toujours été, et le sera toujours.

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MessageSujet: Re: Call you up in the middle of the night, so tired that I couln't even sleep [Clara]   Ven 14 Déc - 0:36

Morgan & Clara Call you up in the middle of the night, So tired that I couldn't even sleep.Mon ventre s’était noué au moment où nos regards s’étaient croisé, et depuis mes entrailles n’étaient pas revenu à leur état naturel. La tension se ressentait partout dans mon corps alors que je me débattais avec moi-même, avec mon propre esprit, pour dire les bons mots, pour essayer d’apaiser Morgan, de renouer avec lui. Il avait été sans le savoir mon roc, et je ne voulais pas faire quoi que ce soit pour l’éloigner de moi – enfin rien de plus que ce que j’avais déjà fait, aussi ironique que cela puisse paraitre. Même si c’était à prévoir, sa réaction à mon début d’excuse, énoncé sur la palier d’un immeuble décrépi, m’avait fait l’effet d’un coup au plexus. Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que je cherche à nous procurer un peu d’intimité au vu de la difficulté de la conversation qui nous attendait. A ma proposition un soupir s’échappa de ses lèvres mais je fis au mieux pour éviter de penser à la sensation désagréable qui s’était propagé chez moi en conséquence. Au lieu de ça je le menai dans mon appartement, dans un silence pesant, tous deux perdus dans nos pensées, et je me demandais s’il redoutait autant que moi que la conversation qui nous attendait. Finalement je déverrouillai et poussai la porte de mon studio et y fis rentrer Morgan. L’endroit était sans prétention, il fallait le reconnaitre, avec des fissures au mur que je n’avais pas pris la peine de cacher, le stricte nécessaire en mobilier, mis à part ma cuisine, plutôt bien remplie puisque c’était également là que je faisais des potions – un détail que je n’étais pas prête à partager avec Morgan. Mais ma maison n’en était pas moins propre, et à mes yeux elle était chaleureuse, avec des résidus de la magie de Pia que mon ami d’enfance ne pouvait percevoir mais qui me faisait me sentir protégée, même si ma sœur de cœur n’était plus là pour protéger mes arrières.

Visiblement Morgan n’avait pas la même vision que moi de cet appartement puisque les premiers mots qui sortirent de sa bouche quand la porte se referma derrière nous étaient de savoir pourquoi je vivais ici. A la fois touchée par son élan protecteur envers moi, et un peu agacée qu’il dénigre mon chez-moi, je haussai les épaules en lâchant un laconique : « Je vis ici Morgan. Merci pour le compliment d’ailleurs. ». Ce qu’il me dit ensuite me poussa à me détourner légèrement pour qu’il ne voit pas mon visage. Contrairement à d’autres il avait très vite compris l’intérêt d’habiter un lieu comme celui-ci : se cacher d’une menace. Une partie de moi, celle qui était encore une gamine de neuf ans vivant dans l’orphelinat, voulait lui sauter au cou et tout lui raconter, mais celle plus mature l’en empêcha. Pendant des années, j’avais pris toutes les précautions pour que mes ennuis ne lui retombent pas dessus, je n’allais pas balancer tout aux orties parce que ça me faisait de la peine qu’il m’en veuille. De toute façon je n’eus pas le temps de répondre qu’il enchaina sur la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début : pourquoi ? Un sourire triste apparut sur mon visage quand il me dit qu’il aurait pu m’aider. Si seulement, je l’aurais souhaité en tout cas. Doucement je lui dis à voix basse : « Non Morgan, tu n’aurais pas pu. ». Je le vis s’avancer vers moi, me faisant savoir qu’il avait beaucoup de questions encore.

Comme par réflexe, je m’éloigne de deux pas, avant de faire lentement le court trajet vers ma cuisine ouverte en lui demandant : « Au fait tu veux quelque chose à boire ? A manger ? Désolée je suis une bien piètre hôtesse pour ne pas te l’avoir proposé plus tôt. ». Même moi je savais que j’étais en train de m’esquiver, encore. A croire qu’après toutes ces années passées à l’observer au loin je ne savais pas comment être proche de lui. Venise ne comptait pas : là-bas ça avait ma décision de l’approcher, je m’étais préparée à le rencontrer, j’avais été préparée mentalement. Là il m’avait prise par surprise, et j’avais perdu mes repères, je n’étais plus sûre de savoir quoi dire ou quoi faire. Alors que je m’affaire en cuisine, cherchant à m’occuper les mains, je finis par me forcer à admettre : « Quant à la raison de mon mensonge, c’est lié à la raison pour laquelle je vis ici, Morgan. Je me cache, autant que possible. ». Même si je n’étais plus sûre que je devais encore le faire. Mais je ne le dis pas à haute voix, parce que je voulais déjà savoir comment il allait réagir à ça, s’il allait quand même m’en vouloir, s’il me comprendrait. Je l’espérais de tout cœur, parce que ma soudaine timidité en sa présence ne voulait certainement pas dire que je voulais le voir s’en aller. En fait j’avais presqu’envie de verrouiller magiquement ma porte et tout l’appartement jusqu’à ce qu’il me promette qu’il me laisserait une chance de me rattraper.
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